Charles
Tardif
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NOTE 06

MÉTHODE9 septembre 2026

Ce que le karaté m’a appris sur les audits.

Sur un tatami, on ne discute pas de la théorie d’un coup. On le prend, ou on ne le prend pas.

J’ai passé des années à répéter les mêmes gestes seul devant un miroir, puis à les voir échouer dès qu’un adversaire se présentait. C’est une leçon dont je ne me suis jamais remis, et c’est devenu ma façon de travailler.

Le premier temps, kihon, c’est le fondamental répété jusqu’à l’ennui. En audit, c’est la mesure. On ne discute pas de ce qu’une page devrait faire, on regarde ce qu’elle fait. La donnée réelle, pas le raisonnement sur la donnée.

Le deuxième temps, kata, c’est la forme qu’on exécute jusqu’à ce qu’elle tienne sous la fatigue. En audit, c’est la preuve. Un garde-fou qu’on n’a jamais vu refuser quelque chose n’a jamais rien gardé. Je casse mes propres protections volontairement pour vérifier qu’elles tombent.

Le troisième temps, kumite, c’est le combat. Quelqu’un en face cherche votre ouverture, et il la trouve. En audit, c’est le relecteur qui n’a pas vu la conversation, ou le modèle concurrent qui relit mon travail. Il ne cherche pas à m’aider, il cherche la faille. C’est exactement ce qu’il faut.

Ce que le dojo apprend et que le marketing n’apprend jamais, c’est le respect de celui qui vous corrige. Un adversaire qui touche vous rend service. Un audit qui ne trouve rien n’a pas prouvé que le travail est bon, il a prouvé que l’audit était faible.