NOTE 05
AUTOMATISATION9 septembre 2026Ce que je n’automatiserai jamais.
Une machine fait très bien ce qui se répète. Elle fait très mal ce qui engage quelqu’un.
Ma journée passe en grande partie par des agents. Ils lisent, mesurent, comparent, écrivent, refusent mes commandes dangereuses. Presque tout ce qui se répète a fini par leur revenir. Ce qui reste chez moi n’est pas ce qu’ils ne savent pas faire, c’est ce que je refuse de leur donner.
Premier refus, le chiffre qu’un client va reprendre à son compte. Un tarif, une statistique, une obligation légale. Une machine produit un chiffre plausible sans effort et sans signal d’alarme. Un chiffre faux ressemble exactement à un chiffre juste, et c’est le client qui en répondra, pas l’outil qui l’a écrit.
Deuxième refus, tout ce qui part vers l’extérieur sans qu’un humain l’ait lu en entier. Un mail à un client, un devis, une page publiée. Le coût d’une bêtise sortie de chez moi n’est pas dans le temps de correction, il est dans le crédit perdu.
Troisième refus, la décision qui appartient au client. Supprimer des pages, changer un positionnement, arrêter un canal. Une machine tranchera volontiers sur des critères qu’elle a elle-même choisis. Ce sont des choix de business, ils se prennent avec la personne qui vit du business.
Le fil commun est simple. J’automatise le travail, jamais la responsabilité. La question n’est pas de savoir si la machine sait faire, elle sait souvent. La question est de savoir qui répond quand elle se trompe.
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